Première Guerre mondiale

 

Le Lazaret de Saint-Louis

Conscient des dommages et de la violence des combats, un hôpital militaire, le Lazaret, s'installe à Saint-Louis sous l'impulsion du Docteur Jules Wallart et du maire Charles Haas. Afin de venir en aide le plus rapidement possible aux soldats, l'hôpital ouvre dès le 19 Août 1914.

 

 

La Section des secouristes de la Croix-rouge de Saint-Louis, Männerverein vom Roten Kreuz (à gauche), décide de mettre en place, en août 1914, un hôpital militaire.

Celui-ci fonctionnera du 19 août 1914 au 15 décembre 1915 et sera dirigé par le Docteur Jules Wallart (à droite).

 

 

Le bâtiment

Une fois l’accord reçu de la municipalité, il devient primordial de trouver un bâtiment pour abriter cet hôpital. Après quelques prospections, le choix se porte sur les locaux de l’école Jean Macé, actuellement l'école Widemann.

Doté de 12 grandes salles lumineuses, de spacieux corridors avec de larges escaliers en pierre, d’un chauffage à air chaud, ainsi que d’un équipement de bain, le bâtiment présente les meilleurs atouts.

 

Le docteur Wallart

Jules Constant Wallart est né le 16 novembre 1870 à Hagenthal-le-Bas. Il entreprend des études de médecines à l'université de Bâle. En 1896, il s'installe à Saint-Louis et passe son Doctorat à Strasbourg.

Depuis 1912, il est médecin instructeur à la Croix-rouge de Saint-Louis.
Pendant la Première Guerre mondiale, il officie comme médecin colonel dans l’armée française.

Il dirige le Lazaret du 9 août 1914 au 15 décembre 1915. Ses actions lui valent d'être décoré de la croix de guerre 14/18.

Après la Première guerre mondiale, il se lance dans la politique et devient maire de Saint-Louis de 1919 à 1925. Il crée le 12 mai 1923 par décret, l' Office Public d'Habitations à Bon Marché, aujourd'hui appelé Saint-Louis Habitat. En signe de reconnaissance, un quartier porte d'ailleurs son nom.

Il est président du Conseil Général de 1924 à 1928. En 1929, il est fait Officier de la légion d’honneur.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est expulsé de Saint-Louis le 13 décembre 1940.
Il se réfugie quelques temps à Lyon avant de rejoindre Bâle.

Il décède le 25 janvier 1944 à Bâle.

La vie au lazaret

Tous les jours, de nouveaux blessés arrivent au Lazaret pour se faire soigner. Des automobiles, ainsi que d'autres véhicules de toutes sortes sont réquisitionnés pour le transport des blessés. Entre le 9 août et le 23 septembre, 112 blessés y sont accueillis.



 

Les patients qui arrivent au Lazaret sont soignés pour diverses raisons : troubles respiratoires, digestifs, cardiaques, des nerfs, ainsi que pour des maladies de peau.
 


 

 

 

 

 

 

Au total, 695 blessés ont été admis et soignés au Lazaret. En plus de ce nombre, on peut également prendre en compte les centaines de soldats qui sont juste venus une journée ou une nuit pour se reposer. Durant son activité et sur le total des patients traités, le Lazaret déplore le décès de 11 patients ayant succombé à leurs blessures.

Les aides du docteur Wallart

Durant sa mission, le docteur Wallart est entouré d'une équipe importante : le chef de section Frédéric Imholz, Maria Martin, Jeanne Haas (fille du maire Charles Haas), Marthe Birmele (fille du pasteur), le docteur Schilling, ainsi que des aides-soignantes qualifiées, des sœurs gardes-malades, des diaconesses et des sœurs d'école.

Des médecins bâlois ont également apporté bénévolement leur aide au docteur Wallart : le professeur Hägler, qui accompagnait des équipes de secouristes sur les champs de batailles pour aider à dégager les blessés, le professeur Egger, spécialiste des maladies internes et radiologue, le professeur Herff, neurologue, le docteur Salis, chirurgien spécialiste des amputations et le docteur Martin, assistant du docteur Wallart.

Au départ, le Lazaret vivait grâce aux dons en argent et en produits alimentaires provenant de particuliers de Saint-Louis ou des villages alentours, ainsi que de Bâle. Le 10 novembre 1914, lors du Conseil municipal, il est décidé de créer une commission de gestion du Lazaret. Elle se compose de : Charles Haas, président ; Victor Krust, vice président ; docteur Jules Constant Wallart, président de la Croix-rouge et médecin-chef de Charles Joos, Joseph Koerber, Frédéric Imholz, Monsieur Seiffert, Karl Speisser, l'abbé Joseph Haumesser et leurs assesseurs.

La fermeture du Lazaret

Le docteur Wallart est suspecté de francophilie. On lui reproche d'avoir mieux soigné les soldats français. Il est dénoncé en juillet 1915 puis jugé par le Conseil de guerre extraordinaire de Mulhouse. Jules Wallart sera condamné à sept jours de prison mais la sanction sera ajournée suite à une pétition faite par la Kreisdirektion de Mulhouse.

Suite à des problèmes internes et externes, le Lazaret est définitivement fermé le 15 décembre 1915.
 

 

Sources :

- Archives municipales de Saint-Louis :

  • Dossier 476W1
  • Dossier 477W1
  • Dossier 5H11

- Annuaire 2014 de la Société d'Histoire de Saint-Louis

- Article de Célestin Meder : Le Lazaret militaire de Saint-Louis 1914-1915

 


Article mis en ligne le 27/06/2014

 

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